Les larmes sont naturellement drainées dans le nez par de fins et fragiles conduits.
Leur sténose (rétrécissement, partiel ou total) peut provoquer par ordre de gravité :
      - un larmoiement (insupportable quand les larmes dégoulinent constamment sur la joue)
      - une dacryocystite chronique (reflux de sécrétions sales à l'angle interne de l'œil)
      - une dacryocystite aiguë (abcès du sac lacrymal, grave et très douloureux).
La chirurgie de reperméabilisation des voies lacrymo-nasales s'appelle la "dacryocystorhinostomie" ; elle peut être réalisée par voie interne (c-à-d. par le nez), ou externe ; cette dernière technique, éprouvée, garde ma préférence, car je la trouve simple, rapide, et anatomiquement satisfaisante ; certains lui reprochent de nécessiter une incision cutanée, mais celle-ci n'est que de 2 centimètres, et je n'ai jamais eu à déplorer de cicatrice disgracieuse ni même visible à long terme.

Cette malade venait de faire une dacryocystite aiguë (gauche), et la partie haute de ses voies lacrymales était très rétrécie, menaçant de se boucher complètement ; voilà pourquoi j'ai intubé les canalicules et le sac lacrymaux avec un petit drain en silicone ("sonde bi-canaliculo-nasale") qu'on laisse en place quelques mois. On voit ici sa boucle (à concavité gauche), qui passe du méat lacrymal supérieur au méat lacrymal inférieur :

sonde bi-canaliculo-nasale en place


L'incision cutanée n'est ici que de 18 millimètres, suturée par 7 points de fil très fin
(j'ai opéré cette jeune femme à 14 heures, et j'ai pris cette photo le lendemain matin à 10 heures) :

incision cutanée de dacryocystorhinostomie


Les brins inférieurs de la boucle s'arrêtent à 1 centimètre de la narine :

brins libres inférieurs d'une sonde bi-canaliculo-nasale en place


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