Le nombre d'opérations de la cataracte en France et par an augmente régulièrement, dépassant 600000 en 2013. J'ai essayé de vous présenter une sorte de diaporama de cette intervention, aussi spectaculaire par sa technique que par ses résultats.

Bien que relativement standardisé, cet acte se revendique artisanal ; je commence toujours par fabriquer un petit instrument spécifique appelé kystitome, à l'aide d'une aiguille pour injection sous-cutanée (27 gauge = 0,4 mm).

L'ouverture de la cataracte selon cette méthode possède le nom abscons de capsulorhexis.

L'hydrodissection de la cataracte consiste à injecter avec une petite canule de l'eau salée sous son écorce, afin d'en autoriser par la suite la rotation dans son sac.

La phako-émulsification ("phakos" = lentille, en grec) consiste à réduire la cataracte (9 mm) en bouillie afin de pouvoir l'aspirer à l'aide d'une sorte de paille de 2 mm de diamètre qui passera par une incision de 3 mm. On peut dire que la phako-émulsification est à la cataracte ce que la cœlio-chirurgie est à la vésicule : sonde_#1 de phako-émulsification.

On décrit 3 phases à la phako-émulsification (et aspiration, sous-entendu).

Une fois évacué le noyau de la cataracte, restent : son sac, bien sûr, dont il faut précieusement préserver l'intégrité, mais aussi une couche tissulaire adhérente appelée cortex (écorce, en latin), de consistance molle, qu'on aspire avec une sonde_#2 d'irrigation-aspiration différente, qui ne vibre pas.

Afin de parfaire le nettoyage du fond du sac, qui se collera à l'optique du cristallin artificiel, j'utilise une canule gratteuse à bout olivaire dont la face inférieure est un peu rugueuse, afin de polir cette membranule.

Nous y sommes : la cataracte est ôtée, son sac parfaitement nettoyé ; il ne reste plus qu'à implanter le cristallin artificiel.

autrefois c-à-d. au XX° siècle ! le plexiglas était le matériau de référence, car sa tolérance par l'œil humain est quasi parfaite ; mais sa rigidité obligeait d'agrandir l'incision autant que le diamètre de l'optique (5,5 mm au minimum), puis de suturer. Je garde ici cette iconographie car la technique est intéressante, et peut encore rendre service dans certains cas.
on agrandit donc l'incision : élargissement

introduction de l'implant dans l'œil : plexiglas

fin de l'implantation dans le sac cristallinien : téléphone

suture de l'incision cornéenne

aujourd'hui (XXI° siècle), le plexiglas est pratiquement abandonné, au profit de matériaux souples (silicone et acrylique) qui permettent d'injecter l'optique à travers une incision inférieure à 3 millimètres.
d'abord, on prépare l'œil et l'implant avec force hyaluronate

ensuite, injection du cristallin artificiel dans l'œil

enfin, évacuation du hyaluronate
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