L'adénovirus est un virus endémique, très contagieux, provoquant le plus souvent un rhume, une pharyngite, ou une bronchite ; mais parfois aussi une conjonctivite, ou une kératite, ou l'association des deux (kérato-conjonctivite).
La conjonctivite associe rougeur oculaire, picotements, et secrétions (pouvant agglutiner les cils le matin : on parle d'yeux "chassieux") ; c'est un syndrome bénin.
La kératite est plus grave, car elle atteint le hublot convexe de l'œil, la cornée, pouvant donc menacer la vision. Elle provoque des symptômes plus aigus : douleur, sensation de grain de sable, photophobie (gêne à la lumière), parfois baisse d'acuité visuelle.
"Aden", en grec, signifie "glande" ; et ce virus doit son nom au gonflement des ganglions du cou qu'il provoque -alors appelés adénopathies- faciles à palper pour le médecin. L'ophtalmologue se contente de rechercher l'adénopathie devant l'oreille, car le réseau lymphatique (immunitaire) de l'œil s'y draîne.
Contre ce virus, aucun antibiotique ne marche : ni les antibiotiques anti-bactériens naturellement, ni les antibiotiques anti-viraux (pour le moment) ; il arrive néanmoins qu'on utilise les antibiotiques anti-bactériens (en collyre) quand cette infection virale se complique d'une conjonctivite bactérienne importante (on parle alors de "surinfection").
Le traitement consiste à laver les yeux, avec de l'eau du robinet, tout simplement (elle n'est pas stérile, mais en France toujours suffisamment propre pour le lavage oculaire), et à utiliser des anti-inflammatoires non stéroïdiens (indométacine, par exemple), éventuellement des antiseptiques, parfois des antibiotiques anti-bactériens (tous ces médicaments en collyres).
Les corticoïdes locaux, efficaces sur le syndrome inflammatoire, sont contre-indiqués au stade précoce, car ils sont immuno-dépresseurs, et dangereux si le diagnostic est incertain (l'herpès est protéiforme) ; en revanche, ils peuvent être indiqués (à faible dosage et sans antibiotiques) quand survient au stade tardif une baisse d'acuité visuelle imputable à ce genre de cicatrices nummulaires (les petites taches blanches devant la pupille) tout à fait caractéristiques :


néphélions dus à l'adénovirus


L'adénovirus, comme beaucoup de microbes, se transmet par les mains : on se frotte les yeux parce que ça pique ou ça brûle, on s'essuie les doigts sur un mouchoir (quelle horreur) ou sur son pantalon (pas mieux, mais pas pire !:-), et comme on est poli, on serre la main de son concitoyen, qui se frottera les yeux pour une raison X ou Y ... et la chaîne continue.
Donc, cet usage -le serrage des mains- est anti-hygiénique ; et sur ce point, les européens feraient mieux d'adopter les mœurs de salutation asiatique.


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